Comprendre les interactions neuro-immunes dans la dermatite atopique
Que sont les interactions neuro-immunes? Et quelle importance revêtent-elles pour la prise en charge de la dermatite atopique?
Notre compréhension de la dermatite atopique (DA), la forme la plus courante de l’eczéma, a rapidement évolué. On a établi par le passé que la DA était une affection cutanée inflammatoire. Cependant, jusqu’à tout récemment, ses causes exactes restaient largement méconnues. Ces vingt dernières années nous ont permis d’en apprendre beaucoup sur la barrière cutanée, notamment sur la manière dont une barrière « perméable » favorise la pénétration d’irritants et la perte d’hydratation. Plus récemment, nous sommes parvenus à mieux comprendre le rôle que joue le dérèglement du système immunitaire dans cette affection. À présent, nous cherchons à approfondir nos connaissances à propos des interactions neuro-immunes, c’est-à-dire la communication entre les systèmes nerveux et immunitaire, associées à la DA.
La Société canadienne de l’eczéma (SCE) s’est tournée vers le Dr Mark Kirchhof, un dermatologue de la région d’Ottawa titulaire d’un doctorat en immunologie, afin d’en apprendre davantage sur ce concept.
Rôle du système immunitaire
Le système immunitaire a pour mission de protéger l’organisme contre les germes et les allergènes. Chez les personnes atteintes d’eczéma, le système immunitaire peut réagir de manière excessive à ces irritants, et cette réaction excessive (ou hyperactivité) provoque des poussées de DA qui sont caractérisées par une inflammation de la peau, des rougeurs et des démangeaisons intenses.
Rôle du système nerveux
Chez les personnes atteintes de DA, la réaction excessive du système immunitaire provoque des démangeaisons cutanées, auxquelles s’ajoute l’action du système nerveux. Ce dernier envoie des signaux au cerveau qui déclenchent le grattage, donnant naissance au cycle « démangeaison-grattage » caractéristique de la DA. Une inflammation se produit, générant la démangeaison et l’impulsion de se gratter, ce qui conduit à des grattages répétés pouvant aggraver le cycle des poussées.
Les recherches montrent également que le stress et l’anxiété peuvent provoquer une réponse immunitaire, aggravant ainsi la DA. Sous l’effet de cette affection, le système nerveux peut devenir plus sensible et inciter le cerveau à provoquer le grattage, même lorsque les démangeaisons sont « minimes ». Nous savons aussi que, chez les personnes atteintes de DA, la peau est extrêmement sensible, la réaction aux démangeaisons est amplifiée et l’impulsion de se gratter se veut bénéfique, comme elle résulte d’un mécanisme de défense de l’organisme qui tente d’éliminer les envahisseurs.
Qu’est-ce qui cause la dermatite atopique?
Nous savons à présent que la DA est causée par une combinaison de facteurs, dont l’altération de la barrière cutanée, l’hyperactivité du système immunitaire et l’hypersensibilité des nerfs cutanés.
Qu’est-ce que cela signifie pour la prise en charge de la DA?
Comprendre ce qui cause la DA peut nous aider à mieux prendre en charge l’affection et ses poussées. Nous pouvons renforcer la barrière cutanée grâce à des bains et à des soins hydratants appropriés. Nous pouvons également prendre en charge les poussées lorsqu’elles surviennent grâce à un traitement topique. Lorsque la DA est plus sévère ou lorsqu’aucune amélioration n’est observée, nous pouvons traiter l’hyperactivité du système immunitaire et le système nerveux à l’aide de médicaments avancés qu’un spécialiste, comme un dermatologue, peut recommander.
Il importe en outre que les patients et leurs aidants comprennent que cette différence dans les sensations cutanées a des répercussions concrètes sur la vie quotidienne des personnes aux prises avec la DA. Ces dernières peuvent présenter une sensibilité accrue aux variations de température et aux stimuli cutanés, tels que le frottement des tissus ou le toucher. L’application de crèmes hydratantes ou de traitements topiques peut aussi provoquer un certain inconfort.
Que pouvons-nous faire?
Par chance, les patients n’ont pas à souffrir : un spécialiste, comme un dermatologue, peut les aider.
La Société canadienne de l’eczéma tient à remercier le dermatologue Mark Kirchhof (M.D., FRCPC) pour son précieux apport à ce contenu éducatif.
Ce contenu a été élaboré dans le cadre du programme éducatif de 2025 « Vivre avec l’eczéma ».
Avis de non-responsabilité : L’information contenue dans cette ressource ne remplace pas les conseils d’un médecin et ne doit pas servir d’outil diagnostique. L’information était à jour à la date de publication. Les interventions, les médicaments et les plans de traitement sont tous associés à des risques et à des bienfaits. Il est donc important de discuter de ses besoins particuliers ou de ceux de son enfant avec un professionnel de la santé qualifié.


