Récemment, Stephanie C. a raconté son histoire à la SCE après avoir participé à une séance virtuelle « Vivre avec l’eczéma ». Nous la remercions d’avoir raconté avec autant de franchise et d’ouverture comment elle a grandi avec l’eczéma. Lisez son histoire ici :

Mes deux sœurs plus âgées et moi-même avons toutes eu de l’eczéma quand nous étions bébés. L’eczéma de mes sœurs est disparu avec l’âge, mais pas le mien. Tous les bains à l’avoine et les bandages de ce monde ne sont pas parvenus à atténuer la haine que j’avais envers moi-même, et le ressentiment envers les autres, y compris mes parents. Je pense que je n’étais pas en mesure de comprendre tous les efforts que mes parents déployaient. Je me suis pardonné d’avoir agi et de m’être sentie ainsi, et je sais que mes parents ont fait ce qu’ils pouvaient.

Ce n’était pas facile d’être une enfant atteinte d’eczéma. Mes parents n’ont pas eu le soutien qui existe aujourd’hui. La Société canadienne de l’eczéma a des ressources incroyables pouvant être imprimées ou lues en ligne, utilisées dans des séminaires ou des activités éducatives, etc. J’aurais aimé que cette sensibilisation à la cause et cette inclusion des personnes atteintes existent dans mon temps.

Quand on m’a demandé d’écrire mon histoire, j’ai consulté ma mère. J’ai dit : « Maman, peux-tu croire tout ce que j’ai traversé? » Et je lui ai montré toutes les ressources qui se trouvent sur le site Web de la SCE. Les yeux de ma mère se sont gonflés, et elle m’a souri. Ça a été un moment de tendresse entre nous deux. À l’adolescence, j’ai composé du mieux que j’ai pu avec l’acné et une peau gercée qui saigne. L’intimidation était flagrante et sans merci à cette époque, et croyez-moi, j’y ai goûté. Je pensais qu’on se moquerait de moi pour le reste de ma vie et que je serais toujours mise à l’écart et rejetée. Puis mon eczéma s’est aggravé et d’autres défis sont apparus. Je ne pouvais même pas laver la vaisselle, m’exposer trop longtemps au soleil, aller coucher ailleurs sans apporter une valise de crèmes et d’inhalateurs, porter certains tissus, ni me laver les mains avec un autre savon que le mien. Je commençais à réaliser que j’avais de plus gros problèmes que la perception qu’avaient les autres de moi. Je me demandais comment j’allais réussir à fonctionner tout au long de ma vie. Allais-je avoir une carrière prometteuse? Ça m’a pris longtemps avant de trouver ma voie, et parfois, j’avais envie de me faire tatouer sur le front « oui, j’ai essayé de mettre de la crème! »

Je suis maintenant une adulte, et je cherche toujours ma voie, mais je suis heureuse et j’arrive à maîtriser mon eczéma. J’apprends encore, et me demande où ce parcours me mènera. Depuis que j’ai commencé à prendre part aux événements de la SCE et que je lis l’histoire des autres, j’ai un sentiment d’appartenance et de fierté. Je ne me déteste plus autant, et je suis plus indulgente envers les autres.

Désormais, quand quelqu’un me dit que je DOIS essayer la nouvelle tendance : huile de noix de coco, je me contente de sourire et de dire « Merci, je n’avais jamais entendu ça auparavant ».

Au nom de la SCE, nous remercions chaque personne qui raconte son histoire afin de renforcer la collectivité, d’offrir du soutien et de faire en sorte que d’autres personnes se sentent plus à l’aise et mieux dans leur peau. Vous souhaitez raconter votre expérience? Écrivez-nous à communications@eczemahelp.ca sans tarder.